Le mûrier ne sera pas abattu, se subira plus d'élagage, ni d'arrachage de branches à la pelleteuse.
La symbolique d'être attaché au mûrier a été forte, c'était le but recherché pour que ce genre d'action spectaculaire obtienne une réaction rapide.
OPPIDEA (la SEM de la CUGT chargé des aménagements des ZAC) qui avait ordonné les travaux à rapidemment envoyé une déléguée.
Constatant les dégâts elle a accepté de déplacer de quelques mètres les travaux en cours pour éviter que non seulement le fût, mais aussi la ramure et les racines de cet arbre plus que deux fois
centenaire soient préservés
La ville par la voix d'Etienne Morin qui nous a téléphoné a affirmé vouloir conserver cet arbre et le protéger comme ceux environnants.
Merci aux habitants, d'ici et d'autres quartiers, qui malgré le peu de délai entre le constat et l'action pour la préservation, se sont déplacés.
Merci à l'adhérent du CQB qui nous a alerté en prenant des photos
Merci aux médias FR3, la Dépêche, le Journal toulousain, pour leur relai car la médiatisation est indispensable dans ces circonstances
Merci à OPPIDEA pour avoir pris les décisions qui s'imposaient
Merci à la ville de nous avoir assuré de leur volonté de protection des arbres
Le seul bémol à tout cela c'est que les travaux qui débutent là concernent un parking dit 'provisoire' destiné aux ouvriers des chantiers, sur le lieu même ou des cinémas devaient
s'installer
OAvec les nombreux médias
qui seront présents, des politiques de toute orientation, des associations de la ville, nous devons avec les habitants de Borderouge manifester MARDI MATIN 29 mai DES 8 HEURES, dès la reprise du
chantier pour empêcher que l'on continue de détruire le Mûrier, face à la ferme Niboul.

Photographié ici en pour un article dans la Lettre de quartier n° 7 de septembre 2005, Il a traversé a traversé les siècles, il est le dernier témoignage d'un passé de sériciculture qui couvrait
autrefois le sud de la France, il est malgré son grand âge en bonne santé. Il puise ses ressources dans un puits relié par canalisations en briques à d'autres, les descendants des anciens
propriétaires affirment que les hommes qui assainissaient il y a bien longtemps les marais d'antan, avaient bâti la une réserve d'eau en sous-sol pour le drainage.
Assez de béton, assez de destruction du patrimoine bâti, arboricole et paysager, TROP, C'EST TROP!
Rappelons que les 1er Mûriers ont été plantés en France en 1495 par Olivier de Serres le célèbre agronome père de l'agriculture moderne qui, soutenu par Henri IV a lancé l'élevage du ver à
soie dès 1601. Il disait du Mûrier, c'est l'arbre le plus utile qui existe, il permet la récolte des cocons de soie, il a des fruits délicieux et un bois utile pour se
meubler.
Après lui Sully facilita les plantations en distribuant des primes pour les magnaneries des éleveurs, Colbert ministre de Louis XIV relanca la sériciculture en 1660. La France comptera 5 millions
de mûriers pour une production de 26000 tonnes de soie dans la 1ere partie du 19ième siècle.
En 1860, la prébine, une maladie soignée par Pasteur et l'ouverture du canal de Suez en 1869 ouvrant la porte à la soie d'Orient provoque le déclin, dès lors c'est l'abattage, le bois des mûriers
servit aux ébénistes pour les meubles et aux vignobles pour les barriques.
Une loi du 4 février 1941 empêche cet abattage, elle est toujours en vigueur, cet arbre près de la ferme Niboul est un riche témoignage de notre passé, nous poursuivrons en justice ceux
qui oseraient donner l'ordre de l'abattre.
L'origine de la culture de la soie est si ancienne que c'est devenu une légende, il se dit donc qu'en l'an 2640 avant notre ère une impératrice chinoise, Si Ling Shi, accrocha de son
ongle abimé le brin d'un cocon tombé d'un mûrier dans sa tasse de thé et le dévida. Ainsi découvrit-elle la soie
La légende est belle mais la réalité d'aujourd'hui est terrible, si nous comprenons que promoteurs et autres veulent gagner de l'argent, il faut qu'ils respectent les habitants, nos
quartiers, nos sites paysagers, notre environnement, notre patrimoine bâti bien évidemment, mais aussi notre histoire.
Arrêtons de décider tout sur plan dans les bureaux, faisons de la vraie concertation, pas celle du nombre de réunions, celle de la qualité de l'écoute, d'un vrai échange avec les
habitants nous éviterons ce genre de dégât. Et puis il y a des lois et règlements, des arbres protégés dans les permis de construire sont abattus, à quoi sert donc un permis de
construire?